Mathon Cédric
Psychologue
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2 bd Laennec, Alès
Cédric Mathon, psychologue à Alès

Le burn-out affectif


Le concept récent de burn-out est principalement lié, pour le grand public, à la sphère professionnelle. Il caractérise alors un état d’épuisement professionnel aux conséquences parfois dramatiques.

Mais cet état d’épuisement n’est pas que l’apanage du monde professionnel. Il n’est ainsi pas rare d’en retrouver l’expression dans le cadre de la vie affective. On parlera alors de burn-out affectif ou amoureux. Ce burn-out se traduira là encore par un sentiment d’épuisement.

Il n’y a pas de « symptôme » unique pour évoquer le burn-out affectif. Bien souvent, la personne qui s’y retrouve confrontée s’efforce de prendre de la distance avec son partenaire (rentre de plus en plus tard du travail par exemple). Progressivement, un sentiment d’incompréhension s’installe et le partenaire en souffrance développe un sentiment de ressentiment. Tensions et disputes deviennent alors plus fréquentes. Déprime, découragement et démotivation à « faire » le couple s’installent… et avec eux une fatigue chronique et des troubles du sommeil. L’épuisement survient alors.

Les causes de ce désenchantement peuvent être multiples. Toutefois, ce burn-out affectif survient généralement quand les attentes idéalisées du couple sont mises à mal par le temps.

Car les attentes et les espoirs que nous investissons au début d’une relation dans le couple et cet Autre sont parfois très élevés. Et très souvent idéalisés. Du couple est alors attendu le bonheur, la sécurité (affective, financière,…). Il est fantasmé comme le lieu de la réalisation de soi. Le partenaire est souvent aussi idéalisé, les incompatibilités ou « défauts » minorés.

Mais le temps rattrape le couple. La réalité du quotidien vient progressivement confronter les partenaires à l’irréalisme de leurs attentes et aux petites frustrations du quotidien. La passion éclatante des débuts peut alors faire place à un véritable sentiment de désenchantement, source du burn-out affectif. Il est l’expression de l’insupportable contradiction entre des attentes indubitablement trop élevées et une réalité moins lumineuse. Le partenaire en burn-out affectif ne parvient pas a accepter que son couple et / ou son partenaire ne soient pas conformes à ces représentations.

Il n’y a hélas personne à blâmer dans une telle situation. Et les deux partenaires vont en souffrir. Celui en burn-out affectif fait souvent les frais d’une évolution culturelle ou éducative qui assigne au couple certainement beaucoup trop d’enjeux. Il dépasse ainsi le rôle « social » que le couple à longtemps assuré. Sans ce borner à ce rôle unique, la construction du couple à longtemps été envisagé comme le lieu de la sécurité matérielle. Aujourd’hui, l'enjeu en est tout autre. Le couple doit être passion, projets partagés et épanouissement de soi. Difficile alors de le faire coïncider avec une réalité primordiale : le couple implique adaptations incessantes et compromis. Il est de fait fait d’un certain renoncement de soi... et de certaines de ses attentes !

Quand ce quotidien rattrape le couple, quand la passion des premiers temps disparaît et nous laisse enfin voir l’autre tel qu’il est (tristement banal...!), nous devons accepter que cet idéal s’adapte. Sans quoi nous risquons fort d’interpréter ces comportements, attitudes, paroles (qui jusqu'alors étaient masqués par le brouillard de la passion naissante) comme autant de marques de désamour.

On comprend dès lors que la rupture n’a pas forcément de sens à cet état de fait. Rompre, c’est alors prendre le risque de reproduire cette situation dans un futur nouveau couple. Le burn-out affectif naît de l’individu en souffrance, pas forcément du couple. Un travail visant à clarifier ses attentes, à en évaluer les incidences négatives sur la vision que l’on a de l’autre est à mon sens une première étape. Toutefois, il ne s’agit pas non plus de renoncer à soi au profit d’une relation qui devient « objectivement » insatisfaisante du fait de l’éloignement des deux partenaires ! Le burn-out peut donc croiser régulièrement le chemin de la thérapie de couple. Celle-ci offre alors un lieu d’expression des attentes, des envies et permet de réamorcer une communication que ces désillusions détériore.


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